Vos réseaux sociaux sont recevables devant les tribunaux : il est peu probable que le fait de dire que votre téléphone a été piraté soit accepté

Si jamais vous vous retrouvez devant un tribunal, la preuve contre vous pourrait être vos propres textes ou messages Facebook.
Compte tenu de la prolifération des médias sociaux aujourd’hui et de notre dépendance croissante à leur égard pour communiquer, il n’est pas surprenant que les avocats et les juges soient de plus en plus confrontés à la manière de traiter les preuves qui les incluent.
Dans l'un des cas les plus notables au Canada, un homme de la Saskatchewan a été jugé pour agression sexuelle contre une adolescente. Les principales preuves comprenaient des messages sinistres sur Facebook qu'il lui avait envoyés.
Au cours du procès, l’avocat de la défense a exhorté le juge à établir un doute raisonnable quant au fait que Phillip Durocher ait écrit les messages en raison du témoignage selon lequel le téléphone de l’homme traînait souvent dans la maison sans protection par mot de passe. En d’autres termes, quelqu’un d’autre aurait pu rédiger les messages.
Le juge du procès a rejeté cette notion et a déclaré Durocher coupable en grande partie sur la base du témoignage de l'adolescent et des messages Facebook.
Durocher a fait appel, arguant en partie qu'il aurait dû y avoir une audience sur l'admissibilité des messages Facebook.
En évaluant l'affaire, la Cour d'appel de la Saskatchewan a souligné que pour que les messages sur les réseaux sociaux soient admissibles, il doit être prouvé que le prétendu expéditeur a effectivement envoyé les messages et qu'ils sont pertinents à l'affaire.
Elle a finalement rejeté l'argument selon lequel le juge avait commis une erreur en autorisant les messages en preuve et a rejeté l'appel.
La décision de la cour d’appel souligne un point critique : le simple fait qu’un message existe sur une plateforme de médias sociaux ne le rend pas automatiquement recevable devant un tribunal. Il doit y avoir un lien clair entre le message et la personne prétendant l'avoir envoyé, ainsi que sa pertinence par rapport à l'affaire en litige.
Les résultats servent de référence essentielle pour comprendre les nuances de l’admission des messages des médias sociaux comme preuve devant les tribunaux canadiens.
Cela renforce la nécessité d’un examen méticuleux des communications électroniques, garantissant qu’elles répondent aux critères stricts d’authenticité et de pertinence avant d’être admises comme preuve.
Cette affaire reflète les efforts du pouvoir judiciaire pour adapter les principes juridiques aux réalités de la communication numérique, garantissant ainsi le maintien de l'intégrité du processus judiciaire face à l'évolution technologique.
Mel K. Norton est associé chez Lawson Creamer. Il peut être contacté à mnorton@lawsoncreamer.com.
