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Le Canada atlantique surmonte l'incertitude grâce à une vigueur économique inattendue

Robert M. Creamer, K.C.2025.10.20112
Le Canada atlantique surmonte l'incertitude grâce à une vigueur économique inattendue

Le pire de la pandémie de COVID-19 étant désormais derrière nous, nous sommes mieux placés pour comprendre son véritable impact sur les particuliers, les professionnels et les entreprises du Canada atlantique.

Si la crise sanitaire elle-même s'est atténuée, l'héritage financier de la pandémie continue de façonner le paysage économique de la région.

Du point de vue d'un praticien en insolvabilité, le constat qui se dessine aujourd'hui est paradoxal : l'activité d'insolvabilité a fortement chuté au plus fort de la pandémie, mais les pressions qui avaient été simplement reportées se manifestent désormais par une augmentation des dépôts de dossiers, des restructurations retardées et une reprise inégale selon les secteurs.

Niveau de référence pré-COVID

Au cours des deux années précédant la COVID-19, le Canada atlantique affichait déjà des taux d'insolvabilité personnelle quelque peu élevés par rapport à la moyenne nationale, reflétant des ratios d'endettement des ménages plus élevés et un recours accru au travail saisonnier.

Pour les entreprises, l'économie de la région reposait fortement sur les petites et moyennes entreprises, notamment dans les secteurs du tourisme, du commerce de détail et de l'hôtellerie. Ces conditions ont engendré à la fois vulnérabilité et résilience : vulnérables aux chocs soudains, mais résilients grâce à leur adaptabilité et à leurs réseaux communautaires étroits.

Choc du COVID

Contrairement aux prévisions des tribunaux, des experts en insolvabilité et des avocats, les dossiers d'insolvabilité ont diminué au Canada atlantique, comme partout au pays, au cours des deux premières années de la pandémie. Plusieurs facteurs expliquent cette anomalie :

  • Les mesures de soutien fédérales, comme la Prestation canadienne d'urgence (PCU), la Subvention salariale d'urgence du Canada (SSUC) et les subventions salariales, ont fourni une bouée de sauvetage financière.
  • Les reports et les moratoires sur les paiements hypothécaires, de loyer et de services publics ont offert un répit temporaire.
  • Les ralentissements judiciaires et les retards administratifs ont réduit le volume des dossiers officiels.

Pour les particuliers, le soutien au revenu d'urgence a couvert les besoins immédiats, mais beaucoup ont discrètement accumulé des dettes différées, notamment sur les cartes de crédit et les prêts sur salaire.

Des professionnels, des dentistes aux avocats en passant par les physiothérapeutes, ont subi des baisses de revenus spectaculaires, mais ont évité l'insolvabilité grâce aux subventions salariales et aux reports de dépenses. Les entreprises, notamment dans les secteurs de l'hôtellerie et du tourisme, ont survécu grâce aux subventions, ce qui leur a permis de maintenir leurs activités, mais sans véritable rentabilité.

La transition

Avec la réduction des programmes gouvernementaux et la reprise des recouvrements par les créanciers, la situation financière a commencé à évoluer en 2022 et 2023. L'inflation s'est accélérée, notamment sur les marchés du logement, de l'alimentation et de l'énergie. Parallèlement, la hausse des taux d'intérêt a rendu le refinancement de la dette plus coûteux et a limité la capacité des ménages et des entreprises à emprunter pour traverser les périodes difficiles.

Les résultats étaient prévisibles :

  • Les particuliers se sont de plus en plus tournés vers les propositions de consommateurs plutôt que vers les faillites, préférant la restructuration à la liquidation.
  • Les professionnels ont dû faire face à des frais généraux plus élevés sans le soutien des subventions, ce qui a conduit certains à réduire ou à consolider leurs activités.
  • Les entreprises du commerce de détail, de la restauration et du tourisme ont été confrontées à des pénuries de liquidités, certaines étant incapables de supporter les coûts de réouverture ou de faire face aux obligations accumulées.

Cette période a marqué le début d'un rattrapage des dépôts de bilan, qui avaient été freinés pendant la pandémie.

Instantané du jour

En 2025, l'activité d'insolvabilité au Canada atlantique a retrouvé – et, dans certains cas, a dépassé – les niveaux d'avant la pandémie. Plusieurs tendances se dégagent :

  • Particuliers : Les propositions de consommateurs sont désormais la forme d'aide la plus courante, plus fréquente que les faillites, ce qui reflète à la fois la volonté de préserver les actifs et la flexibilité offerte par les propositions.
  • Professionnels : De nombreux petits cabinets ont fusionné ou ont été absorbés par des groupes plus importants, notamment dans les secteurs de la santé et des services juridiques. L'insolvabilité n'a pas connu de forte hausse dans ce groupe, mais les pressions liées à la restructuration étaient réelles.
  • Entreprises : Les petites et moyennes entreprises demeurent les plus vulnérables. Certains secteurs, comme le tourisme, ont connu une forte reprise entre 2023 et 2025, amortissant les impacts plus larges, tandis que d'autres, notamment le commerce de détail et la restauration, continuent d'afficher des taux élevés de fermetures et de restructurations. Les insolvabilités d'entreprises à grande échelle dans les secteurs du transport, de l'énergie et du commerce de détail ont suivi des tendances nationales, avec parfois des échos régionaux.

Malgré ces défis et la volatilité actuelle des échanges commerciaux avec les États-Unis, l'économie du Canada atlantique montre des signes de vigueur et de dynamisme qui dépassent les attentes traditionnelles.

Comme le soulignait un épisode d'avril du balado Perspectives de la Banque Scotia, si la pêche demeure une activité culturelle importante, elle ne représente que 1,5 % à 3 % du PIB régional.

Les véritables moteurs de croissance sont diversifiés : pétrole extracôtier, mines, foresterie, agroalimentaire (y compris la transformation des pommes de terre et des fruits de mer), fabrication, TI, technologies numériques, sciences de la vie, technologies océaniques et initiatives en matière d'énergie propre.

Cette diversité des ressources, des technologies, de la fabrication et des services signifie que le Canada atlantique ne se définit plus par une seule industrie. La région émerge plutôt comme une économie dynamique et multisectorielle, résiliente et offrant des perspectives de croissance.

Leçons apprises et perspectives

Le rétroviseur offre plusieurs perspectives :

  • Pour les particuliers : Les mesures de soutien temporaires ont été retardées, mais n’ont pas effacé les difficultés financières. La planification, les liquidités et la gestion de la dette demeurent importantes.
  • Pour les professionnels : Les perturbations des flux de trésorerie ont révélé la nécessité de flexibilité, de diversification et d’adaptation rapide.
  • Pour les entreprises : Les efforts de restructuration précoces et les pivots stratégiques sont essentiels pour traverser les chocs.
  • Pour les décideurs politiques et les collectivités : Les mesures de soutien ont été efficaces à court terme, et une base économique diversifiée offre désormais une base plus solide pour la croissance future.

En tant qu’avocat spécialisé en insolvabilité, je prévois que nous continuerons de travailler sur divers dossiers d’insolvabilité, notamment les propositions officielles de consommateurs, les faillites en vertu de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité et les restructurations d’entreprises en vertu de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC).

Bien que ces travaux soient toujours nécessaires, les perspectives économiques du Canada atlantique sont encourageantes. La reprise post-COVID, conjuguée à la croissance démographique, à l’urbanisation et à la diversification sectorielle, suggère que la région se dirige vers un dynamisme et une résilience à long terme. Pour les praticiens, le travail se poursuivra, mais pour la région elle-même, les tendances pointent vers des opportunités, de l'optimisme et une économie plus forte et plus dynamique.

En regardant vers l'avenir, même dans le contexte d'incertitudes actuelles sur le commerce et les marchés mondiaux, notamment la volatilité actuelle des échanges avec les États-Unis, les entreprises et les particuliers semblent mieux outillés pour innover, s'adapter et tirer parti des nouvelles opportunités.

Avec le recul, la COVID-19 a été un véritable test de résistance. En regardant vers l'avenir, le Canada atlantique fait preuve de résilience et de potentiel.

 

Robert M. Creamer est associé chez Lawson Creamer. Vous pouvez le contacter à l'adresse rcreamer@lawsoncreamer.com.

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